27 avril 2007

Métamorphoses vivantes.

Représenté par la galerie Yvon Lambert depuis 1983, Miquel Barceló présente un ensemble important de grandes natures mortes et de sculptures aux formes zoomorphiques. Son art présente de véritables « tableaux vivants d’une forme de vie ». La métamorphose occupe une place centrale dans les œuvres de ce voyageur : métamorphose de la pensée et de l’esprit au contact de toutes les cultures mais aussi métamorphose de la matière à travers ses interventions sur les toiles, poteries, aquarelles, sculptures et céramiques.
BarceloCette intervention s’inscrit dans la continuité de son travail avec le chorégraphe Josej Nadj dans l’église des Célestins durant le festival d’Avignon 2006. La scène est faite d’un mur d’argile rouge et à travers ce dispositif, le peintre accueille le chorégraphe pour qu’il «entre dans le tableau». Derrière ce mur, nos deux hommes en costume noir commencent à frapper et, petit à petit jouent à se transformer. Paso doble est une performance d'une heure, une double exploration des gestes et de la matière où les deux pétrisseurs se sont transformés en soldats de boue. Peindre et danser ne sont pas identiques, seulement comparables, le corps rejoignant la pensée par le geste. Chouinard
Nous sommes cependant les premiers habitants d'un monde à naître car l'art doit être quelque chose comme ça, une expérience concrète qui mèle sans hiérarchie les entrailles et la cervelle, l'émotion et la pensée. Au mois de mars 2006 se tenait le spectacle de danse Body Remix/Variations Goldberg de la chorégraphe Marie Chouinard au Théâtre de la Ville. Le Monde titrait son article par Une danse déchiquetée pour des corps hérissés de béquilles et analysait " Marie Chouinard se lance à l'assaut d'un nouveau corps qui redéfinit ses limites, s'invente d'autres lois gestuelles et s'amuse au passage de se voir si bancal, si dejeté, en son miroir ". Je ne peux m'empêcher d'observer des correspondances avec mon travail pictural et si je devais collaborer à un spectacle de danse, ce serait avec cette chorégraphe remarquable et inventive.

12 avril 2007

La peinture, prête à opérer sa mutation ?

M_2Au Palais de Tokyo se déploie sous nos yeux l'exposition " M, Nouvelles du monde renversé ", programme et chronique d'une terre postmondialisée. Je m'arrête sur Michel Blazy qui, comme à son accoutumée, utilise des produits du quotidien (pour la plupart alimentaires comme cette sculpture composée de nouilles de soja colorées avec du colorant alimentaire jaune), contrôle de fébriles micro-organismes et modèle le vivant. Il le place au centre de son travail d’artiste et le laisse «faire sonBlazy  œuvre». Bâtisseur d’univers aléatoires et fragiles, Michel Blazy aime manipuler les matières, tenter d’en contrôler disparition et transformation ou, bien au contraire, en être entièrement dépendant. Toutes ces énergies fébriles du vivant sont revendiquées par l’artiste comme autant d’opérations essentielles à l’élaboration de l’œuvre. Le vivant ne se conçoit pas sans de multiples énergies mortifères, métamorphoses et nombreuses étrangetés. Les œuvres de l’artiste intègrent cette complexité qui se déploie avec toutes ses ambiguïtés, son caractère parfois inquiétant, voire repoussant et nous contemplons la décrépitude de tout organisme vivant. Au contraire d'un lieu de monstration figé, le site est conçu comme un laboratoire dans lequel, tout au long du processus, Michel Blazy et ses assistantes interviendront pour organiser au mieux l'apparition et le cours de micro-événements.
Dans son communiqué de presse, Marc-Olivier Wahler, directeur du Palais de Tokyo, nous dit: " L’art, entendu en ce sens, n’est plus un résultat ou un produit, mais la barre de fraction elle-même, le signe discret d’une transformation, l’opérateur de nombreux renversements ".

Le monde ne reste-t-il pas possible que lorsqu'il est renversé de tant de manières ? 

06 avril 2007

Tue moi mais ne me préviens pas.

Meurtre18_3Le centre Pompidou vient d'ouvrir au public les nouvelles salles réservées à l'art contemporain. Les  touristes affluent, les classes d'enfants aussi. Je les vois regarder les oeuvres avec les mêmes yeux que les miens quand je me mets à la peinture. Face et dos au monde suivant la nécessité. Je redécouvre la série des Meurtres de Jacques Monory, peintures composées d'huile et de miroir éclaté par des impacts de balles. Il ne cesse de mettre en place les scènes de brèves histoires qu'il appelle des scénarios thrillerés. La représentation a volé en éclats mais il revisite la figuration par la narration.
La mort est nécessaire en un monde aseptisé, mais il ne l’a toutefois jamais directement exhibée. Son processus de re-présentation demeure toujours allusif ou au moins hautement symbolique car Monory n’a jamais cherché à récupérer la violence inhérente au monde qu’il connaît et dans lequel il baigne. Le peintre sait que la démocratie médiatisée est sans doute une forme décadente de la démocratie.
Son œuvre nous rappelle ainsi que si quelque chose en l’être préfère le désert, aspire à la nudité, à s’enfoncer dans la nuit d’une solitude qui ne serait qu’à lui, il convient aussi de s’en sortir pour nous habiter et habiter le monde que l’artiste creuse.

31 mars 2007

" Vous avez touché à la hache "

En matinée, Touchez pas la hache de Rivette et en soirée Nip/Tuck ou comment faire le grand écart entre le texte comme non-action et la "surenchair" du verbe !
D'un côté, le film de Rivette, qui regarde les protagonistes se maudire, a quelque chose de glacial. Il les bat froid avec cette qualité métallique qui rend sa mise en scène à la fois impressionnante et sèche, par détachement conscient. Une armure que viennent braver, jusqu'à perforation, deux acteurs têtes brûlées. A l'amour comme à la guerre. La femme devenue guerre.
De l'autre, Catherine Deneuve, qui surgit dans la série déjantée, souhaite se faire injecter les cendres de son défunt mari dans ses implants mammaires car « Victor posait sa tête sur ma poitrine avant de s'endormir et je voudrais qu'il repose là où il le souhaitait », dit-elle en tirant sur sa cigarette avec un aplomb très frenchy. Drôle, irrévérencieux, cru et salutaire.

GarousteAu fond, ce qui est intéressant, c'est d'essayer de se débarrasser du sens car j'ai toujours l'impression que le langage trahit la perception, le sentiment. C'est le corps qui décide de ce qui va se passer et non l'idée qu'on se fait du sens du mot.
Peut-être sommes-nous trop occupés à régler nos névroses par le verbe ?

23 mars 2007

Internet quand tu nous tiens !

Depuis le 5 mars dernier, la blogosphère américaine ne parle que de ce clip humoristique visionné plus de 2.400.000 fois et qui compare la sénatrice de New York au Big Brother de George Orwell. On y découvre la candidate démocrate à la Maison-Blanche sur un écran géant en train d’expliquer à une foule d’hommes à l’air lobotomisé sa volonté de «converser avec l’Amérique». Jusqu’à ce qu’une athlète lance un marteau dans l’écran et fasse disparaître l’image de l’ancienne First Lady. Une référence directe à la publicité légendaire d’Apple réalisé par Ridley Scott pour Macintosh et diffusé pendant le Superbowl de 1984. Un texte défile alors sur l’écran : «Le 14 janvier prochain, commencera la primaire démocrate. Et vous verrez pourquoi 2008 ne sera pas comme ‘1984' ». Avant qu’apparaisse le logo du site d’un autre prétendant démocrate à la Maison-Blanche, BarackObama.com. Problème : le sénateur de l'Illinois lui-même a rapidement fait savoir que son équipe n’avait rien à voir avec la conception de cette fausse pub. Aujourd'hui un homme de 33 ans a tout avoué sur le site Internet HuffingtonPost.com : «C’est vrai… c’est moi». Philipp de Velis raconte avoir réalisé le montage en une après-midi sur son Mac à l’aide quelques logiciels gratuits. Malgré que de Velis ait agi seul, il ne cache pas son jeu : «Je soutiens Barack Obama et j’espère qu’il remportera la primaire». Dans un cas comme dans l’autre, Internet s’invite déjà dans les primaires démocrates. Et Philipp de Velis prévient : «Je pense que les citoyens ordinaires peuvent modifier la donne politique. Le jeu a changé».
Internet est bien devenu le 5ème pouvoir et c'est tant mieux. Fabuleux contre-poids qui vient s'imposer au carrefour de nos civilisations et qui permet aux citoyens de se rencontrer, de communiquer, d'exister en un chaos virtuel ultra vivant.
Une question s'impose: dans quelle mesure internet peut-il peser dans la donne artistique ?

Lynch3 PS:...pas si virtuel quand même puisque les membres de la blogosphère VOX vont se rencontrer pour la première fois samedi 31 mars. Je vous raconterai. Pourvu que ça dure !

09 mars 2007

La capacité à être un monde à part.

Lynch1David Lynch est ordinairement célébré pour ses films déroutants et énigmatiques, qui cassent souvent les codes de la narration tout en instaurant un univers sombre, voire cauchemardesque, et pourtant en quête de plénitude. L'exposition The air is on fire (" L'air est en feu ") à la Fondation Cartier nous invite à découvrir Lynch en artiste total: photographe, peintre, dessinateur, auteur, acteur de films d'animation, de décors, musicien et designers de sons.
Son oeuvre est davantage marquée par le rêve et la névrose que par une quelconque logique ou réflexion. Un rêveur en plein jour qui fair surgir dans son esprit ces images qui le poussent à créer: brèches ouvertes sur la réalité, visions d'un monde en proie à la névrose, à la menace. Elles font de lui un artiste à part, indifférent aux problématiques contemporaines, obsédé par sa particulière exploration de l'univers. David Lynch a développé ce regard qui fit de lui un artiste: un homme capable de regarder sous la surface du monde.
Sa force est de ne rien expliquer, de ne ressembler à rien d'autre: c'est sans doute ce qui caractérise toute sa production, cinématographique comme plastique. S'écarter des chemins de la mode et obliger chacun à lire ses oeuvres en les reliant aux méandres de son propre inconscient. C'est sans doute cette position d'étranger qui répond le mieux à la vérité de David Lynch.Lynch2  

01 février 2007

Que nous apprend le corps mémoire ?

Otto_dix1On peut voir depuis ce matin au Centre Pompidou le nouvel accrochage des collections modernes (1906-1960), et  seulement le 4 avril celui des collections contemporaines. Salle 5: Otto Dix et sa célèbre Journaliste Sylvia Von Harden. Je vous invite à découvrir l'émission Suivez l'artiste sur France 3 où Sonia Rickiel commente ce tableau. Mais Otto Dix est avant tout le peintre des mutilés de guerre. Sophie Delaporte, historienne, nous livre ses réflexions sur le tableau Les joueurs de Skat lors d'une conférence intitulée Le corps, entre guerre et médecine: " Les Joueurs de Skat mettent en exergue à la fois la violence nouvelle infligée aux corps des combattants par la guerre moderne et les tentatives de reconstruction des corps par la médecine. Le corps se pose ici en trait d’union entre la guerre et la médecine. Ce travail souligne également la place que le peintre accorde au corps dans son oeuvre. Dix s’engage en 1914 comme volontaire dans l’artillerie de campagne à Dresde. Il expose a posteriori ses motivations et la nécessité qu’il évoque  de vivre l’expérience humaine de la peur et de la mort apparaissent troublantes : « Jeune homme j’ai eu peur. Bien sûr, quand on avance, quand on avance lentement au front, devant, il y a un enfer de feux roulants, on avait la trouille. Mais à mesure qu’on avançait, la peur diminuait. Tout à fait devant, arrivé devant, on n’avait plus peur du tout. Tout ça, ce sont des phénomènesOtto_dix2 que je voulais vivre à tout prix. Je voulais voir aussi un type tomber tout à coup à côté de moi, et fini, la balle le touche au milieu. C’était tout ça que je voulais vivre de près. C’est ce que je voulais. Je voulais voir tout ça moi-même ». Dans les Joueurs de Skat, Dix concentre toute son attention sur les dégâts faits aux corps. D’ailleurs la minutie avec laquelle il s’applique à représenter les mutilations oblige le spectateur à un effort de représentation du réel, qui apparaît à ses yeux presque irréel. Le recours à la technique du collage renforce l’idée d’un assemblage des corps réalisé à partir de pièces hétéroclites. En effet, aux corps disloqués s’ajoutent des corps étrangers, les prothèses intégrées ou imbriquées dans les corps. Les corps apparaissent ainsi mécaniquement assemblés. Le joueur de gauche, dont la manche droite est vide, sort de sa manche gauche une main articulée avec laquelle il pose ses cartes sur la table. Le bras droit du joueur installé à droite exhibe une prothèse articulée qu’il rend mobile grâce à un mouvement d’épaule ; sa main droite, comme celle son voisin d’en face, est une prothèse articulée.(...) Les espaces vides (bras, jambes, trous dans les visages) mettent l’accent sur le renoncement absolu à rendre une humanité aux corps détruits. " Corps morcelé - corps outil - corps mémoire.

26 janvier 2007

" La fatigue d'être soi ".

Objectif: galeries d'art contemporain. Destination: rue Vieille du temple. Je reviens un peu Jackson2bredouille mais je me rattrape en découvrant sur le site de la galerie d'Yvon Lambert les dernières oeuvres de Richard Jackson, sortes d'installations protéiformes. Je n'ai pas plus d'informations mais je fais immédiatement un parallèle avec une question centrale de l'art contemporain: quel est donc ce curieux rapport entre dépression et création ? Pour tenter d'y répondre, je vous livre ici quelques extraits du livre de Catherine Grenier, conservatrice en chef au Musée National d'Art moderne, dans son ouvrage Dépression et subversion.
" L'idée du lien entre dépression et création est née de ma fréquentation des oeuvres contemporaines etCattelan2 des nombreuses relations que j'ai entretenues ces dernières années avec les artistes. Beaucoup d'artistes représentent un monde déprimé ou mettent en scène un état dépressif. On peut citer Maurizio Cattelan et son cheval empaillé lamentablement suspendu dans le vide ou Damien Hirst et ses animaux immergés dans le formol. J'entends le terme dépression au sens commun du terme, ce que le sociologue Alain Ehrenberg appelle " la fatigue d'être soi ". Selon les spécialistes, c'est la maladie du XXème siècle, provoquée par les bouleversements Cattelan1 du monde moderne, pourtant censé conduire au progrès et au bonheur. Mais les injonctions de beauté et d'efficacité qui lui sont rattachées agressent l'homme, tandis que la défaite des utopies et la crise morale qui affectent l'ensemble de la civilisation occidentale remettent en question cette pensée progressiste. Cependant la dépression n'entraîne pas uniquement des réactions négatives; elle peut aussi être matière à création. Et, si elle conduit au pathos, elle peut aussi virer au grotesque et au comique(...) Pour nos contemporains, elle traduit une résistance à la demande qui leur est faite de "réenchanter" le monde. Tout au long du XXème siècle, on a refusé cette lecture psychologique de l'art, au profit d'une interprétation formaliste. Je pense qu'il y a là un vaste territoire qui reste à Jackson1 explorer. "

Bon voyage et bonne exposition à celles et ceux qui auront l'opportunité d'aller découvrir les dernières oeuvres de Richard Jackson chez Yvon Lambert à New York du 24 février au 22 mars 2007 !

20 janvier 2007

Le zoom de Courbet.

CourbetJe me rends compte que j'ai appelé mon blog L'origine du monde sans même avoir justifié ce choix et accordé un post à ce tableau incroyable peint en 1866 par Gustave Courbet. Tableau ovni à la fois surprenant et dérangeant de par son cadrage et sa facture franchement anatomique, il conjugue à merveille mes éléments fétiches.
Me voilà donc partie au Musée d'Orsay affronter ce petit tableau de 46 cm de hauteur sur 55 cm de largeur. Où sont donc passés les pieds, les jambes, les cuisses, le ventre, les hanches, la poitrine, les mains, les bras, le cou et la tête ? Inconcevable oubli ou amputation volontaire ? Figure innommable par ce que le cadrage rejette hors champ ou traitement du sexe comme un portrait ? Dire la peinture en dehors de toute autre considération, très certainement. " Je pense comme une fille enlève sa robe " écrivait Bataille. Séparer, renverser, montrer le dessous des choses: vocation de la peinture.
En regardant ce tableau, je ne peux m'empêcher de penser aux films de Jane Campion qui s'ouvrent tous sur un détail en gros plan. La Leçon de piano s'ouvrait sur un écran sanguin obstrué par les mains translucides d'une sourde et muette inquiète de regarder le monde; doigt que l'héroïne perdra d'ailleurs, témoin d'une mue obligée et violente pour renaître. Jane Campion construit toutes ses images de cinéma comme des peintures; les couleurs, les matières, le cadrage et la composition sont étudiées avec le regard d'un peintre.
Laleondepiano" D'instinct je sus que, pour l'écrivain que j'étais, c'était cela que je devais chercher. Désormais, il faudrait que je trouve le détail qui dit quelque chose sur les gens que je décrivais, que ce soit pour un article de journal sur un meurtre ou dans un roman sur un enquêteur. Je devais consacrer ma vie d'écrivain à traquer le détail qui révèle. " Dans l'avant propos de son dernier livre Chroniques du crime, Michael Connelly pointe ici le doigt sur l'essentiel de son travail d'écrivain en dehors de toute prétention littéraire. Comment un détail peut parler du reste ? N'appelle-t-on pas indice, un élément sorti de son contexte mais portant intrinsèquement la vérité sur le reste, invisible et en suspend ? Détail, clé du mystère qui par soustraction nous ouvre les yeux au dessous des choses.

12 janvier 2007

Ra'anan Lévy ou l'envers de soi.

Au_lit_2On a tous pu voir au hasard d'un couloir de métro cette grande affiche présentant un homme mi allongé nous fixant comme pour nous interpeller. Le musée Maillol présente en ce moment la première rétrospective de Ra'anan Lévy, peintre figuratif né à Jérusalem en 1954 s'inscrivant dans la lignée de Lucian Freud, Balthus et Edward Hopper. Pièces vides, autoportraits, détails de corps, pigments, lavabos et plaques d'égout sont les thèmes de prédilection du peintre. Ces éléments ne sont pas représentés en tant que sujets mais prétextes pour représenter les traces que l'homme laisse sur son passage et à la surface des choses.

Lavabo_2Ici les lavabos et les bouches d'égout sont de mystérieux orifices où disparaissent les débris qu'on laisse de soi-même, là en visitant des appartements vides, il transforme les parois des murs en surface organique, ou encore tente le portait de la peinture en scrutant les amas ou pots de pigments. 
Ce peintre cherche à révéler au monde la présence humaine par ce qu'il laisse, par les traces de son absence. Le spectateur découvre l'intimité du peintre une fois celui-ci parti. Il est vrai que le tourment psychologique cher à Lucian Freud n'y est pas mais on sent malgré tout l'intimité de chaque scène, presque aussi pudique et nuancée que sa matière picturale. On a l'impression que le peintre s'est soustrait à sa propre empreinte comme pour laisser la peinture témoigner de son passage et trouver son sujet.

Bonne visite, vous avez jusqu'au 29 janvier !

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