Flexibilité du corps.
Je vous invite à découvrir le nouvel espace d'exposition de Claude Berry rue Rambuteau inaugurée par Gilles Barbier et sa Méga-maquette élaborée depuis des années et qui occupe tout l'espace d'exposition. Cette pièce composite et polymorphe nous fait pénétrer l'univers d'un artiste qui clone, recopie, fragmente, réplique, extrapole, miniaturise, se multiplie et se répand.
Je préfère laisser la parole à l'artiste qui a été interviewé par Paris-Art, en voici un extrait :
"Je suis intéressé par le corps car j’aime sa fragilité, je suis touché par son émiettement, par la violence qu’il endure et j’essaie de travailler cette violence par un rapport du dedans au dehors, une fuite vers l’extériorité. Je travaille souvent en récupérant simplement ce que je vois, j’ai le sentiment de voir le corps de plus en plus comme un lieu de transit très complexe, à la fois pour ce qui le traverse comme fluide et éléments nutritifs, mais aussi par l’entertainment, et par cette relation de locataire-propriétaire de lui-même.(...) Il y a trois niveaux de propriété de soi qui me semblent être aujourd’hui véritablement en crise. Cela ne me pose pas de problème en soi; je préfère ça à la notion de sujet, de moi unitaire. On serait peut-être plus proche de la flexibilité que nous propose le langage par rapport au corps aujourd’hui, la réflexion consumériste des sociétés occidentales.(...) Le corps est vraiment devenu un langage, d’ailleurs il est totalement en phase de décryptage aussi bien au niveau de ses désirs, que de son instruction génétique. A tous les niveaux, le corps s’est ouvert, dans un processus historique avec la chirurgie, avec la psychanalyse, et il délivre du contenu. Je ne fais que constater cette chose-là, cette parcellisation, cette ventilation du corps, et j’essaie de la rendre effective à travers les différents mannequins qui sont des postures à travers cet univers qui me semble de plus en plus émulsionné, poreux. Ce n’est pas quelque chose que je combats du tout. Je montre et j’interprète, je mets les choses en image. Je parle du corps et de l’air, du corps et ses organes. Je vois le corps comme traversé. J’appelle ça l’esthétique du viol; le viol des replis les plus intimes du corps est devenu quelque chose de complètement acceptable, voire parfois de totalement souhaitable. Je ne sais pas quelle éthique on peut déposer là-dessus, ce n’est pas mon problème."




Voici mon dernier travail de peinture beaucoup plus "anecdotique" que les autres intitulé Sommes-nous les jouets du destin, représentant la mise en vente d'un robot avec vidéo intégrée Qui commet l'audace de défier les grands moyens de communication ?, et un CD Ravage de l'Idéologie sur une intervention critique de l'Ambassadeur d'Argentine sur le FMI. Ce travail est le prolongement d'autres plus récents que je vous ai présentés en vidéo sur le thème "L'art est-il politique ?", et annonce une série de tableaux de personnages. 
L'une de Stéphane Thidet, rencontre fortuite entre une forme archaïque d’architecture (la cabane) et une forme primaire d’événement (la pluie), compose le tableau délicat d’une lente destruction à venir. L’installation se donne à voir comme un paysage poétique livré aux caprices du temps.
La récente Pinacothèque de Paris, place de la Madeleine, organise l'exposition de 80 toiles de Chaim Soutine. De part sa personnalité particulière, ce peintre a souvent été assimilé à un artiste malsain, difficile, développant un art longtemps incompris et marginalisé. 

J'ai découvert aujourd'hui avec enthousiasme une exposition originale et intéressante "A mort l'infini" à l'Espace 315 du Centre Pompidou. Lauréat du Prix Marcel Duchamp, Philippe Mayaux fabrique des images, des sculptures et des machines à voir apparemment séduisantes mais toutes aussi menaçantes, se prêtant au jeu des trucages. Son approche de l'art, qui semblerait immédiate étant donné l'impact visuel de ses tableaux aux couleurs souvent criardes, puisant dans la mécanique sexuelle, est un éloge du motif pictural, entre Duchamp et Picabia. Ses peintures peuvent faire penser à Magritte, par le jeu des associations énigmatiques qui sont mises en scène. Car il s’agit beaucoup de peinture, de sa persistance actuelle, de sa force critique, de son économie conceptuelle, enfin de la manière directe dont elle établit encore une relation artistique avec le monde.
se demande à son tour si la peinture ne serait pas une sorte de "ready-art" car, commente-t-il, "quand on fait de la peinture, on est déjà dans l’art, on n’a rien à justifier".
Cette intervention s’inscrit dans la continuité de son travail avec le chorégraphe Josej Nadj dans l’église des Célestins durant le festival d’Avignon 2006. La scène est faite d’un mur d’argile rouge et à travers ce dispositif, le peintre accueille le chorégraphe pour qu’il «entre dans le tableau». Derrière ce mur, nos deux hommes en costume noir commencent à frapper et, petit à petit jouent à se transformer. Paso doble est une performance d'une heure, une double exploration des gestes et de la matière où les deux pétrisseurs se sont transformés en soldats de boue. Peindre et danser ne sont pas identiques, seulement comparables, le corps rejoignant la pensée par le geste.


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