Exclu(e)/admis(e).
Je vous présente aujourd'hui des petits dessins au crayon à papier (voir album photo 2008) qui annoncent une série de peinture -mûrie progressivement- mettant en scène des personnes vulnérables autour de 3 idées motrices: le recyclage humain (corps inerte, nature morte, déchet), la dislocation par l'incommunicabilité (cellule familliale rongée, solitude) et la fragmentation du corps social (précarisation).
Dans l'Idiot de Dostoïevsky, le personnage vulnérable reçoit tout, il est en mal de contact, toujours à chercher maniaquement le contact, toujours au bord du débordement, ce qui provoque une sensation encombrante.
Ce type de personnage générique m'intéresse car il est à la fois exclu du cadre de la société et admis dans celui du tableau.





Voici mon dernier travail de peinture beaucoup plus "anecdotique" que les autres intitulé Sommes-nous les jouets du destin, représentant la mise en vente d'un robot avec vidéo intégrée Qui commet l'audace de défier les grands moyens de communication ?, et un CD Ravage de l'Idéologie sur une intervention critique de l'Ambassadeur d'Argentine sur le FMI. Ce travail est le prolongement d'autres plus récents que je vous ai présentés en vidéo sur le thème "L'art est-il politique ?", et annonce une série de tableaux de personnages. 
L'une de Stéphane Thidet, rencontre fortuite entre une forme archaïque d’architecture (la cabane) et une forme primaire d’événement (la pluie), compose le tableau délicat d’une lente destruction à venir. L’installation se donne à voir comme un paysage poétique livré aux caprices du temps.
La récente Pinacothèque de Paris, place de la Madeleine, organise l'exposition de 80 toiles de Chaim Soutine. De part sa personnalité particulière, ce peintre a souvent été assimilé à un artiste malsain, difficile, développant un art longtemps incompris et marginalisé. 

J'ai découvert aujourd'hui avec enthousiasme une exposition originale et intéressante "A mort l'infini" à l'Espace 315 du Centre Pompidou. Lauréat du Prix Marcel Duchamp, Philippe Mayaux fabrique des images, des sculptures et des machines à voir apparemment séduisantes mais toutes aussi menaçantes, se prêtant au jeu des trucages. Son approche de l'art, qui semblerait immédiate étant donné l'impact visuel de ses tableaux aux couleurs souvent criardes, puisant dans la mécanique sexuelle, est un éloge du motif pictural, entre Duchamp et Picabia. Ses peintures peuvent faire penser à Magritte, par le jeu des associations énigmatiques qui sont mises en scène. Car il s’agit beaucoup de peinture, de sa persistance actuelle, de sa force critique, de son économie conceptuelle, enfin de la manière directe dont elle établit encore une relation artistique avec le monde.
se demande à son tour si la peinture ne serait pas une sorte de "ready-art" car, commente-t-il, "quand on fait de la peinture, on est déjà dans l’art, on n’a rien à justifier". 

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