Le visiteur est saisi dès l'entrée...
Des fragments de corps humain en skaï rembourré, emprisonnés dans de grands filets noirs, semblent tomber en chute libre où les accueille un amas de traversins. Entourée d’un ring, cette masse au sol est parcourue par un petit personnage de bois allongé paresseusement sur un polochon: Pinocchio, dont le rêve de devenir un être humain semble s’incarner sous nos yeux.
Cette installation fait suite au travail élaboré dans les années 2001-2002 où Annette Messager introduit le mouvement: ainsi avec articulés-désarticulés, des pantins-automates en tissu s’agitent au dessus de formes inertes, telles des épaves, qui semblent renvoyer à une catastrophe. Le mouvement est encore exploré avec Casino, oeuvre conçue autour du thème de Pinocchio pour le Pavillon français de la Biennale de Venise de 2005, rendu ainsi méconnaissable. L’installation centrale, qui constitue le coeur de l’exposition du Centre Pompidou, utilise une soufflerie pour faire se mouvoir, telle une vague, un immense voile rouge, beau et inquiétant. La question du souffle est à nouveau explorée dans une œuvre récente, Gonflés-Dégonflés (2006), jungle d’organes, de peau, de fluides, qui «respirent» en un mouvement ondulatoire, dans une imbrication du dedans et du dehors, sorte de parodie grotesque très sexuelle qui nous renvoie à nous-mêmes.
Inlassable questionneuse de la condition humaine et de l’identité, elle décortique le corps, le tronçonne, le dissèque, dénude son réseau sanguin, étale sa machinerie interne et exibe les organes.
C'est magnifique et vous avez jusqu'au 17 septembre 2007 pour découvrir Les messagers d'Annette Messager au Centre Pompidou.






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