" Vous avez touché à la hache "
En matinée, Touchez pas la hache de Rivette et en soirée Nip/Tuck ou comment faire le grand écart entre le texte comme non-action et la "surenchair" du verbe !
D'un côté, le film de Rivette, qui regarde les protagonistes se maudire, a quelque chose de glacial. Il les bat froid avec cette qualité métallique qui rend sa mise en scène à la fois impressionnante et sèche, par détachement conscient. Une armure que viennent braver, jusqu'à perforation, deux acteurs têtes brûlées. A l'amour comme à la guerre. La femme devenue guerre.
De l'autre, Catherine Deneuve, qui surgit dans la série déjantée, souhaite se faire injecter les cendres de son défunt mari dans ses implants mammaires car « Victor posait sa tête sur ma poitrine avant de s'endormir et je voudrais qu'il repose là où il le souhaitait », dit-elle en tirant sur sa cigarette avec un aplomb très frenchy. Drôle, irrévérencieux, cru et salutaire.
Au fond, ce qui est intéressant, c'est d'essayer de se débarrasser du sens car j'ai toujours l'impression que le langage trahit la perception, le sentiment. C'est le corps qui décide de ce qui va se passer et non l'idée qu'on se fait du sens du mot.
Peut-être sommes-nous trop occupés à régler nos névroses par le verbe ?






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