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23 février 2007

Femmes entre empathie et dévoration.

Sale temps pour les femmes au cinéma cette semaine.
NuepropritHuit clos familial dans Nue propriété de Joachim Lafosse avec Isabelle Huppert et les frères Régnier, huit clos paranoïaque dans Bug de William Friedkin avec Ashley Judd et Michael Shannon.
Deux femmes entre empathie et dévoration, à la lisière d'elles-mêmes.
D'un côté une mère emprisonnée par ses fils et par de longs plans fixes du salon et des repas où le drame se construit de façon lancinante dans ces interstices. De l'autre une jeune femme et un vétéran de la guerre du golfe, deux solitudes associées dans la chambre d'un hôtel miteux qui vont basculer progressivement Bug dans la folie.
Empathie, vocation proprement féminine ou dévoration, relation fusionnelle jusqu'à la destruction des identités ?
" Les deux frères n'arrêtent pas de manger et la mère n'arrête pas de les nourrir. C'est une image significative de ce qui se passe au sein de cette famille: ils se dévorent " dit le réalisateur Lafosse. Le huit clos de Friedkin est orchestré avec une barbarie psychologique remarquable, tout se passe dans le cerveau des personnages où la folie de l'un va trouver une légitimité dans le regard de l'autre.
CalamityjaneSouhaitons donc un peu de répit à toutes ces femmes en célébrant Lettres à ma fille de Calamity Jane, cette édition ayant été enrichie et préparée par Gregory Monro, jeune réalisateur parisien. Une exposition sur " Les légendes de l’Ouest " se tiend également au Musée des Lettres et des Manuscrits jusqu'au 29 avril. Calamity Jane née Martha Canary vers 1853, orpheline très tôt, livrée à elle-même à 12 ans, alcoolique à 15 mais mère sensible et aimante, et finalement...première femme libre des Etats-Unis !

15 février 2007

Recherche lieu d'exposition activement.

LynchGcm Ces deux photos, de par leur similitude, m'assurent une parfaite transition sans que les protagonistes respectifs -David Lynch et Grand Corps Malade- se soient donnés le mot ! Les grands esprits se rencontrent, parait-il...lumières décors évanescents musiciens habités percussion tribal grand type béquille textes incisifs clamés limpidité force voix basse calme puissante brute sensible liens public ouverture proximité slam poésie désacralisée réalité quotidien humour dérision légèreté gravité authenticité: tout y était ce vendredi 9 février au soir à l'Olympia. MERCI, ça fait tout simplement du bien.
Je vous propose d'écouter le morceau ça peut chémar (ça peut marcher pour les non adeptes du " vers-lent " comme dirait Fabien Marsaud !) en espérant que cette expression me portera chance à moi aussi !

Je ne suis pas sortie ces jours-ci pour pour vous faire découvrir une exposition ou autre manifestation artistique. Je travaille actuellement sur une plaquette présentant mon travail de peinture autour du " kit humain " et mon nouveau projet détaillé d'exposition protéiforme ( installations, polaroïds et tableaux avec photos de mise en situation et texte explicatif).
J-2 pour l'envoi de cette plaquette à une quinzaine de galeries, centres d'art, mécénats et divers partenariats artistiques afin de prospecter pour monter ce projet d'exposition.

Alors souhaitez moi bonne chance car ça peut chémar !

08 février 2007

L'empire de l'intérieur, fragments lynchiens.

Le dernier film de David Lynch Inland Empire vient de sortir au cinéma. Inland empire est un quartier de Los Angeles limitrophe au désert. " L'empire de l'intérieur ", métaphore du laboratoire du cinéaste Rabbits   qui permet de mettre côte à côte des univers inconciliables et de passer de l'un à l'autre. Il exploite entre autre la série Rabbits, parodie glaçante de sitcom, pour en faire un huit clos étouffant interdisant le hors champ que dévoile Inland Empire. Film à facettes qui jongle avec l'interdit, la transgression, la défiguration pour atteindre le seuil de la beauté. Entreprise sensorielle et cérébrale.
Lynch est très conscient qu'internet est la nouvelle plateforme d'échange et d'idées. Il a donc décidé d'utiliser une petite caméra vidéo et d'exploiter l'image numérique. Une grosse caméra ne lui permet pas d'obtenir la proximité tant convoitée car c'est trop lourd et trop lent. Il cherche sans doute la proximité du pinceau comme s'il pouvait arriver à filmer avec ses mains, avec ses doigts, avec tout son corps. Filmer comme on peint.
Voici l'émission Metropolis sur Arte consacrée à Lynch pour la sortie de son film.

La Galerie du Jour d'Agnès b nous propose une exposition de photogrammes tirés du film de David Lynch du 10 février au 3 mars 2007 en attendant celle de la Fondation Cartier intitulée The Air is on Fire qui présente les dessins, peintures et sculptures du cinéaste à partir du 3 mars 2007.

01 février 2007

Que nous apprend le corps mémoire ?

Otto_dix1On peut voir depuis ce matin au Centre Pompidou le nouvel accrochage des collections modernes (1906-1960), et  seulement le 4 avril celui des collections contemporaines. Salle 5: Otto Dix et sa célèbre Journaliste Sylvia Von Harden. Je vous invite à découvrir l'émission Suivez l'artiste sur France 3 où Sonia Rickiel commente ce tableau. Mais Otto Dix est avant tout le peintre des mutilés de guerre. Sophie Delaporte, historienne, nous livre ses réflexions sur le tableau Les joueurs de Skat lors d'une conférence intitulée Le corps, entre guerre et médecine: " Les Joueurs de Skat mettent en exergue à la fois la violence nouvelle infligée aux corps des combattants par la guerre moderne et les tentatives de reconstruction des corps par la médecine. Le corps se pose ici en trait d’union entre la guerre et la médecine. Ce travail souligne également la place que le peintre accorde au corps dans son oeuvre. Dix s’engage en 1914 comme volontaire dans l’artillerie de campagne à Dresde. Il expose a posteriori ses motivations et la nécessité qu’il évoque  de vivre l’expérience humaine de la peur et de la mort apparaissent troublantes : « Jeune homme j’ai eu peur. Bien sûr, quand on avance, quand on avance lentement au front, devant, il y a un enfer de feux roulants, on avait la trouille. Mais à mesure qu’on avançait, la peur diminuait. Tout à fait devant, arrivé devant, on n’avait plus peur du tout. Tout ça, ce sont des phénomènesOtto_dix2 que je voulais vivre à tout prix. Je voulais voir aussi un type tomber tout à coup à côté de moi, et fini, la balle le touche au milieu. C’était tout ça que je voulais vivre de près. C’est ce que je voulais. Je voulais voir tout ça moi-même ». Dans les Joueurs de Skat, Dix concentre toute son attention sur les dégâts faits aux corps. D’ailleurs la minutie avec laquelle il s’applique à représenter les mutilations oblige le spectateur à un effort de représentation du réel, qui apparaît à ses yeux presque irréel. Le recours à la technique du collage renforce l’idée d’un assemblage des corps réalisé à partir de pièces hétéroclites. En effet, aux corps disloqués s’ajoutent des corps étrangers, les prothèses intégrées ou imbriquées dans les corps. Les corps apparaissent ainsi mécaniquement assemblés. Le joueur de gauche, dont la manche droite est vide, sort de sa manche gauche une main articulée avec laquelle il pose ses cartes sur la table. Le bras droit du joueur installé à droite exhibe une prothèse articulée qu’il rend mobile grâce à un mouvement d’épaule ; sa main droite, comme celle son voisin d’en face, est une prothèse articulée.(...) Les espaces vides (bras, jambes, trous dans les visages) mettent l’accent sur le renoncement absolu à rendre une humanité aux corps détruits. " Corps morcelé - corps outil - corps mémoire.

Mon fil video...

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