Femmes entre empathie et dévoration.
Sale temps pour les femmes au cinéma cette semaine.
Huit clos familial dans Nue propriété de Joachim Lafosse avec Isabelle Huppert et les frères Régnier, huit clos paranoïaque dans Bug de William Friedkin avec Ashley Judd et Michael Shannon.
Deux femmes entre empathie et dévoration, à la lisière d'elles-mêmes.
D'un côté une mère emprisonnée par ses fils et par de longs plans fixes du salon et des repas où le drame se construit de façon lancinante dans ces interstices. De l'autre une jeune femme et un vétéran de la guerre du golfe, deux solitudes associées dans la chambre d'un hôtel miteux qui vont basculer progressivement
dans la folie.
Empathie, vocation proprement féminine ou dévoration, relation fusionnelle jusqu'à la destruction des identités ?
" Les deux frères n'arrêtent pas de manger et la mère n'arrête pas de les nourrir. C'est une image significative de ce qui se passe au sein de cette famille: ils se dévorent " dit le réalisateur Lafosse. Le huit clos de Friedkin est orchestré avec une barbarie psychologique remarquable, tout se passe dans le cerveau des personnages où la folie de l'un va trouver une légitimité dans le regard de l'autre.
Souhaitons donc un peu de répit à toutes ces femmes en célébrant Lettres à ma fille de Calamity Jane, cette édition ayant été enrichie et préparée par Gregory Monro, jeune réalisateur parisien. Une exposition sur " Les légendes de l’Ouest " se tiend également au Musée des Lettres et des Manuscrits jusqu'au 29 avril. Calamity Jane née Martha Canary vers 1853, orpheline très tôt, livrée à elle-même à 12 ans, alcoolique à 15 mais mère sensible et aimante, et finalement...première femme libre des Etats-Unis !





Ces deux photos, de par leur similitude, m'assurent une parfaite transition sans que les protagonistes respectifs -David Lynch et Grand Corps Malade- se soient donnés le mot ! Les grands esprits se rencontrent, parait-il...
qui permet de mettre côte à côte des univers inconciliables et de passer de l'un à l'autre. Il exploite entre autre la série Rabbits, parodie glaçante de sitcom, pour en faire un huit clos étouffant interdisant le hors champ que dévoile Inland Empire. Film à facettes qui jongle avec l'interdit, la transgression, la défiguration pour atteindre le seuil de la beauté. Entreprise sensorielle et cérébrale.
On peut voir depuis ce matin au Centre Pompidou le nouvel accrochage des collections modernes (1906-1960), et seulement le 4 avril celui des collections contemporaines. Salle 5: Otto Dix et sa célèbre Journaliste Sylvia Von Harden. Je vous invite à découvrir l'émission
que je voulais vivre à tout prix. Je voulais voir aussi un type tomber tout à coup à côté de moi, et fini, la balle le touche au milieu. C’était tout ça que je voulais vivre de près. C’est ce que je voulais. Je voulais voir tout ça moi-même ». Dans les Joueurs de Skat, Dix concentre toute son attention sur les dégâts faits aux corps. D’ailleurs la minutie avec laquelle il s’applique à représenter les mutilations oblige le spectateur à un effort de représentation du réel, qui apparaît à ses yeux presque irréel. Le recours à la technique du collage renforce l’idée d’un assemblage des corps réalisé à partir de pièces hétéroclites. En effet, aux corps disloqués s’ajoutent des corps étrangers, les prothèses intégrées ou imbriquées dans les corps. Les corps apparaissent ainsi mécaniquement assemblés. Le joueur de gauche, dont la manche droite est vide, sort de sa manche gauche une main articulée avec laquelle il pose ses cartes sur la table. Le bras droit du joueur installé à droite exhibe une prothèse articulée qu’il rend mobile grâce à un mouvement d’épaule ; sa main droite, comme celle son voisin d’en face, est une prothèse articulée.(...) Les espaces vides (bras, jambes, trous dans les visages) mettent l’accent sur le renoncement absolu à rendre une humanité aux corps détruits. " 

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