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26 janvier 2007

" La fatigue d'être soi ".

Objectif: galeries d'art contemporain. Destination: rue Vieille du temple. Je reviens un peu Jackson2bredouille mais je me rattrape en découvrant sur le site de la galerie d'Yvon Lambert les dernières oeuvres de Richard Jackson, sortes d'installations protéiformes. Je n'ai pas plus d'informations mais je fais immédiatement un parallèle avec une question centrale de l'art contemporain: quel est donc ce curieux rapport entre dépression et création ? Pour tenter d'y répondre, je vous livre ici quelques extraits du livre de Catherine Grenier, conservatrice en chef au Musée National d'Art moderne, dans son ouvrage Dépression et subversion.
" L'idée du lien entre dépression et création est née de ma fréquentation des oeuvres contemporaines etCattelan2 des nombreuses relations que j'ai entretenues ces dernières années avec les artistes. Beaucoup d'artistes représentent un monde déprimé ou mettent en scène un état dépressif. On peut citer Maurizio Cattelan et son cheval empaillé lamentablement suspendu dans le vide ou Damien Hirst et ses animaux immergés dans le formol. J'entends le terme dépression au sens commun du terme, ce que le sociologue Alain Ehrenberg appelle " la fatigue d'être soi ". Selon les spécialistes, c'est la maladie du XXème siècle, provoquée par les bouleversements Cattelan1 du monde moderne, pourtant censé conduire au progrès et au bonheur. Mais les injonctions de beauté et d'efficacité qui lui sont rattachées agressent l'homme, tandis que la défaite des utopies et la crise morale qui affectent l'ensemble de la civilisation occidentale remettent en question cette pensée progressiste. Cependant la dépression n'entraîne pas uniquement des réactions négatives; elle peut aussi être matière à création. Et, si elle conduit au pathos, elle peut aussi virer au grotesque et au comique(...) Pour nos contemporains, elle traduit une résistance à la demande qui leur est faite de "réenchanter" le monde. Tout au long du XXème siècle, on a refusé cette lecture psychologique de l'art, au profit d'une interprétation formaliste. Je pense qu'il y a là un vaste territoire qui reste à Jackson1 explorer. "

Bon voyage et bonne exposition à celles et ceux qui auront l'opportunité d'aller découvrir les dernières oeuvres de Richard Jackson chez Yvon Lambert à New York du 24 février au 22 mars 2007 !

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Voici les sites qui parlent de " La fatigue d'être soi ".:

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