La nouvelle collection est arrivée !
Je me suis enfermée pendant 5 semaines afin de produire une dizaine de tableaux autour de mon thème de prédilection, le kit humain, corps devenu outil, objet ludique multi-fonction, consommé et consommable. Vous pouvez les découvrir dans l'album photos " Kit humain 2006 ".
Ces tableaux s'articulent autour de trois préoccupations:
1. S'autoriser à produire des images "figuratives" et ne pas tenir compte des attentes du public quant à ce que devrait être l'art. Je lisais à ce propos Philip Guston qui disait " je deviens malade de toute cette pureté. Je voulais raconter des histoires (...) il faut arriver à placer les formes de manière à ce qu'elles aient un impact immédiat (...) éliminer autant que possible l'intervalle qui sépare la pensée du faire parce qu'au cours de l'acte de création, les difficultés commencent quand vous comprenez ce que l'âme ne permettra pas à la main de faire. " La réussite d'un tableau tient à ce subtil équilibre ou déséquilibre pour lequel il n'existe aucune loi. Représenter est une forme de lutte pour tenter de se substituer au réel. Dans ce sens le réel me rassure, sa violence même.
2. Utiliser le corps outil comme vecteur d'un réel éclaté et déshumanisé où notre identité propre mute et est remise en question. Quel sens donnons-nous aujourd'hui à la personne humaine ? Ce questionnement est au centre de l'art contemporain. Il est aisé d'observer que notre civilisation progresse dans de nombreux domaines et dans le même temps produit de lourdes carences relationnelles, affectives et sociales. Le corps outil est le résultat d'un arrêt dans le développement de l'empathie qui aboutit à un déni quasi absolu de l'altérité. C'est le chaos ou moi.
3. Introduire des éléments anecdotiques -phrases, mots ou symboles évoquant la vie quotidienne- qui mettent le spectateur sur la voie sans pour autant établir une quelconque narration. Ils sont présents pour désacraliser la peinture en établissant un décalage entre l'aspect à la fois dramatique et ludique des morceaux de corps avec lesquels je joue au légo. On peut dire que l'humain se "customise" car l'image tient une importance phénoménale aujourd'hui. Nous pensons le réel à travers, une image, un symbole, un détail, une marque, un logo, une publicité. Le corps outil redéfinit ses limites, il est un être difforme s'inventant une identité accessoirisée qui s'impose avec une crudité non dénuée d'humour. Il est aussi obsédé de la survie et de la transmission, ne se résigne pas, lutte rageusement avec la foi des enfants dont l'imagination ne connaît pas de limites.






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